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Des armes à feu pour les policiers en civil bientôt dans les stades ?

Le titre est un brin provocateur, mais il témoigne d’une véritable crainte des professionnels du sport et du spectacle, comme le relaye le site Sourde Oreille.

En effet, l’article 25 de la proposition de loi relative à la sécurité globale vient d’être adopté. Les policiers et gendarmes hors service et armés vont pouvoir pénétrer dans tout établissement recevant du public sans que les responsables de ces derniers puissent s’y opposer. Cela concerne les stades, les arenas, les salles de concert, etc.

Dans son article, Pierre Bafoil reprend l’exemple d’un commandant venu assister à un match de handball à l’Accor Arena, avec son arme de service. L’entrée de la salle lui a été refusée. C’était en 2017 et cela avait créé un petit barnum médiatique.

Depuis les attentats de 2015 au Bataclan et près du Stade de France notamment, les policiers sont autorisés à porter leurs pistolets lorsqu’ils sont hors service. Mais les responsables d’établissements recevant du public (ERP) peuvent leur dire non. Cette possibilité pourrait donc leur être retirée avec ce nouveau texte, voté par l’Assemblée Nationale et le Sénat.

Pour Laurent Decès, directeur délégué du club parisien Petit Bain et président du syndicat des musiques actuelles, cette disposition est « une fausse bonne idée ».

Bien sûr, plusieurs incidents ont déjà été signalés par le passé : un policier qui oublie son arme dans un magasin, un autre qui s’emporte en soirée et blesse un agent de sécurité, etc. Le risque « d’accident » est le premier grief remonté par les exploitants de salle. L’autre est celui de la perte ou du vol d’arme. « Ce n’est pas tant que le flic pète un câble qui m’inquiète, mais plutôt qu’un mec bourré lui pique son arme par exemple ou qu’il la perde, enchérit Valentin, 27 ans, habitué des concerts et des clubs parisiens. Qu’un flingue soit en circulation dans un lieu public me semble très dangereux. »

À mon sens, le principal risque est cité en fin d’article par Laurent Decès : « Imaginez que vous voyez quelqu’un d’armé dans une foule. Par définition, s’il est hors service on ne peut pas savoir qu’il est policer. Ça peut créer des mouvements de panique. »

« Si un client voit un autre client armé, cela peut créer des inquiétudes, pense Patrick Bajic, vice-président du syndicat national des employés de la prévention et de la sécurité. S’ils viennent nous prévenir on va devoir aller voir la personne qu’on nous a signalée pour vérifier que c’est bien elle qu’on a laissé entrer, ça complique pas mal de choses. »

Est évoqué également le risque qu’un visiteur puisse présenter une fausse carte de police ou de gendarmerie.

Ce projet de loi suscite beaucoup d’interrogations. Aux Etats-Unis, le pays du deuxième amendement, la NFL interdit aux policiers hors service d’avoir une arme dans les stades. En MLB, le choix est laissé aux franchises, mais l’autorisation semble rare, même pour les policiers hors service.

L’article 25, voté en première lecture à l’Assemblée Nationale et au Sénat, pourrait donc être adopté lors du vote final sur ce texte.

Olivier Spaeth
Olivier est le créateur de Stades.info. Professionnel du sport depuis près de 10 ans, il décrypte l'actualité des stades et arenas, de la conception à l'exploitation.

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